L’ouïe : un sens qui n’est jamais au repos

L’ouïe est l‘un de nos cinq sens. C’est un sens précieux qui nous permet tout à la fois de communiquer avec le monde qui nous entoure et de nous alerter des dangers potentiels. L’audition a donc une double fonction : la communication mais également la vigilance et l’alerte.

le rôle de l'audition : la vigilance et la communication

L’ouïe est le seul de nos cinq sens qui, par sa double fonction, n’est jamais au repos : sollicitée à chaque heure du jour et de la nuit, la fonction auditive ne connaît ni obstacle, ni obscurité. Ainsi, notre système auditif commence à vieillir dès notre naissance.

Sons, système auditif et audition

L’audition suppose l’existence de sons. Le son est une onde qui se propage dans l’air sous forme de variation de pression. Cette onde est définie par : l’amplitude, la fréquence et le temps.

Le son est une variation de pression : temps, fréquence, amplitude

Le pavillon de l’oreille et le conduit auditif forment un sonotone naturel. Le pavillon (oreille externe) capte les sons, les spatialise et les amplifie ; le conduit auditif (oreille externe) les guide au tympan, membrane souple qui réagit aux variations de pression des sons. Ces vibrations sont ensuite transmises aux osselets.

Le système de transmission des sons, système auditif

Les 15 000 cellules ciliées de la cochlée détectent ces vibrations et génèrent l’influx nerveux acheminé au cerveau : ce processus s’appelle le système auditif. Le système central traite ensuite l’information.

Le système de transmission des sons de l'oreille externe au cerveau

Le système auditif : un sytème fragile

Le système auditif est fragile. Des sons trop forts peuvent l’endommager de manière irréversible. De même, toute anomalie dans la transmission des sons ou tout problème d’interprétation par le cerveau peuvent provoquer une surdité partielle ou totale. Il existe 2 différents types de surdité : la surdité de transmission et la surdité de perception.

Les différents types de surdité

  • La surdité de transmission :

Elle est due à un dysfonctionnement dans le chemin de transmission des sons, de l’oreille externe à l’oreille moyenne. L’oreille externe ou l’oreille moyenne n’assure pas normalement la transmission des vibrations de l’air et le son ne voyage pas correctement vers le tympan et les osselets : ils sont amoindris lorsqu’ils parviennent à la cochlée (oreille interne). Les causes d’une perte auditive de transmission sont nombreuses : malformations anatomiques, bouchon de cérumen, otite externe ou moyenne, problèmes musculaires au niveau des osselets, certaines maladies (otospongiose, cholestéatome, otosclérose).

La perte auditive de transmission est inférieure ou égale à 60 décibels. Les traitements sont pluriels, en fonction de la cause : geste au cabinet (extraction du bouchon de cérumen), traitement médical (dans le cas d’une inflammation ou d’une infection), geste chirurgical (cholestéatome), appareillage auditif.

  • La surdité de perception :

La surdité de perception, perte auditive, trouble de l'audition

Elle est la conséquence d’un dysfonctionnement de l’oreille interne, consécutif à des lésions des cellules ciliées, lésions qui génèrent une perturbation dans le processus de transformation des vibrations sonores en activité nerveuse. Le dysfonctionnement se situe, soit au niveau de la cochlée (surdité de perception endo cochléaire), soit au niveau des voies nerveuses situées en arrière de la cochlée, c’est à dire le nerf auditif ou les structures cérébrales dédiées à l’audition (surdité de perception rétro cochléaire).

Les causes de la surdité de perception sont nombreuses : presbyacousie (vieillissement du système auditif), barotraumatismes (plongeurs et apnéistes), bouchon de cérumen, traumatismes sonores, traumatismes sonores et pressionnels, traumatismes pressionnels, maladies (méningite, malade de Menière, neurinome de l’acoustique, scléroses multiples, névrite toxique, infections, malformation de l’oreille interne), prise de certains médicaments qui – passé un certain seuil et particulièrement en cas d’insuffisance rénale – vont avoir un effet ototoxique, traumatisme crânien, congénitales, génétiques ou héréditaires.

La surdité de perception touche principalement les fréquences aigues : le patient entend bien mais comprend mal, particulièrement dans certains environnements. Le seul traitement à ce jour est la compensation par le port de prothèses auditives.

La perte auditive en France

La perte de l’audition concerne 6 millions de français. On distingue 4 degrés de perte auditive : légère, modérée, sévère, profonde. Les deux premières concernent 88% de la population des malentendants : c’est la presbyacousie. Les deux dernières relèvent du handicap auditif et concernent 12% de la population des malentendants.

handicap auditif et presbyacousie en France, les chiffres de l'audition

  • La perte auditive légère s’entend d’une perte auditive comprise entre 20dB et 40dB. L’indication d’appareillage auditif d’un médecin ORL est posée dès lors que la perte auditive atteint 30dB.
  • La perte auditive modérée concerne tout perte auditive comprise entre 40dB et 70dB. Un tel niveau de perte auditive entraine un inconfort au quotidien et, non appareillée, elle peut entrainer des difficultés de développement cognitif et d’adaptation sociale.

3 presbyacousiques sur 4 refusent l’appareillage auditif pour des raisons de coût, d’esthétisme, de complexité du parcours de soins et de complexité du dispositif auditif. Les presbyacousiques ne s’appareillent pas, ils sont donc les premiers concernés par les risques du non appareillage auditif.

taux d'appareillage des personnes presbyacousiques et des personnes en situation de handicap auditif

  • La perte auditive sévère concerne toute perte auditive comprise entre 70dB et 90dB. Généralement appareillable, cette perte auditive est un véritable handicap et les personnes concernées font usage de la lecture labiale.
  • La surdité profonde concerne toute perte auditive supérieure à 90dB. La surdité profonde n’est pas appareillable, les personnes concernées utilisent la Langue des Signes Française (LSF).

 90% des personnes en situation de handicap auditif sont appareillées : sans cet appareillage, socialisation et apprentissage n’auraient pas été possibles.

La presbyacousie : le mal du siècle

La presbyacousie est le mal du siècle. Sa survenue est aujourd’hui plus précoce et elle touche de plus en plus de personnes. De nombreuses raisons à cela :

  • Une exposition généralisée au bruit.

Nous évoluons dans un environnement bruyant dans lequel l’oreille est constamment agressée : trafic routier, travaux sur la voie publique, vie à proximité d’un aéroport, d’un centre ville ou dans une zone fortement exposée au bruit, nuisances sonores de voisinage ou au travail, bricolage à la maison, boites de nuit, etc. ;

L'exposition généralisée au bruit et la prévalence du trouble presbyacousique dans la population de malentendants

  • Une mauvaise information sur l’utilisation des objets à risque.

La mise à disposition de musique en format MP3 – qui lisse la structure du son et nécessite d’augmenter le volume pour mieux entendre – et la possibilité d’écouter cette musique tout le temps et partout (téléphone portable, baladeurs), entrainent un port quotidien et supérieur à 30 minutes de casques audio à fort volume, qui impacte considérablement notre audition : 25% des moins de 30 ans présentent déjà une atteinte auditive supérieure à 20dB ;

  • Le vieillissement de la population française.

La prévalence du trouble presbyacousique dans la population de malentendants

La presbyacousie traduit le vieillissement naturel du système auditif : elle est donc de survenue progressive. Elle consiste en une atteinte des fréquences aigues, qui sont les fréquences conversationnelles : les difficultés à comprendre et la fatigue engendrée par l’effort de concentration pour réussir cette tâche sont les premiers signes d’une perte auditive naissante.

le trouble auditif presbyacousique et ses conséquences sur l'audition

Pourquoi les fréquences aigues sont-elles prioritairement touchées par la presbyacousie ? Parce qu’elles sont les plus fragiles et, situées sur la base de la cochlée, sont en première ligne face aux agressions sonores.

l'atteinte auditive des fréquences aigues dans le trouble presbyacousique

Les agressions sonores répétées entraine la destruction des cellules ciliées qui ne repoussent pas : la presbyacousie est irréversible.

la destruction des cellules ciliéesdans le trouble auditif presbyacousique

Enfin, la presbyacousie touche les 2 oreilles, de la même manière : on dit qu’elle est bilatérale et symétrique.

Courbe audiométrique de la perte auditive presbyacousique

En entreprise :

La presbyacousie en entreprise

Les risques du non appareillage auditif

La première conséquence du non appareillage est une fatigue accrue chez l’individu qui, pour comprendre une conversation, va fournir un effort de concentration supplémentaire.

Lorsque la fatigue cognitive est présente, du fait d’un effort de concentration, la réceptivité intellectuelle s’amenuise, source possible de conflits au travail ou dans l’entourage. En entreprise, 10% des actifs sont concernés par une gêne auditive qui impact leur bien-être quotidien, leur productivité et leur stress. L’absence d’appareillage peut ainsi amener une perte de confiance en soi, voire un isolement progressif et un repli sur soi. 

Moins stimulé intellectuellement, l’individu pourra également présenter un retard cognitif voire des risques de démence : un cas de démence sur trois pourrait être attribué à une perte auditive non appareillée.

Le non appareillage peut également créer des terrains favorables à l’apparition de maladies neuro-dégénératives, telles que Alzheimer.

L’absence de correction auditive chez ceux qui en auraient besoin accroit le risque au long cours de présenter une démence ou une dépendance et, chez les hommes, une dépression. Donc il est utile de traiter la perte d’audition, même si on peut considérer que c’est quelque chose de normal, avec l’âge, d’entendre moins bien. – H. Amieva, neuropsychologue

Les prothèses auditives

À l’inverse d’une personne en situation de handicap auditif, un individu concerné par une presbyacousie a le choix dans son appareillage auditif : contour d’oreille ou intra-auriculaire ; sur-mesure ou pré-réglé.

  • L’appareil auditif contour d’oreille

Le contour d’oreille représente 80% des ventes de prothèses auditives. Plus gros que l’intra-conduit, aisément manipulable par les personnes disposant d’une faible dextérité manuelle, le contour d’oreille est adapté aux personnes ayant des problèmes d’arthrite et/ou d’articulations.

Par définition, l’appareil auditif contour d’oreille, contourne l’oreille – qui est un amplificateur naturel parfaitement fonctionnel chez une personne presbyacousique : c’est le principal désavantage de ce type d’appareil. Ainsi, le micro de l’appareil, situé derrière le pavillon de l’oreille, se concentre prioritairement sur les sons provenant de l’arrière et est soumis au bruit du vent, qui passe dessus. Enfin, ce chemin anti-anatomique entraine un décalage entre les sons captés par le micro et les sons restitués à l’oreille via le tube transparent. En choisissant ce type d’appareil auditif, il est donc préférable d’ajouter des options qui peuvent être onéreuses :

  • Un micro multi-directionnel, qui tâchera de faire le travail du pavillon de l’oreille ;
  • Un système de réduction du bruit du vent, qui remplacera l’abri procuré par le conduit auditif dans le cas d’un appareil auditif intra-conduit ;
  • Un appareillage bilatéral, qui harmonisera le décalage de restitution des sons sur les 2 oreilles.

L'appareil auditif de type contour d'oreille : 80% des ventes de prothèses auditives

  • L’appareil auditif intra-conduit

De nombreuses études soulignent la préférence des utilisateurs pour l’appareil auditif intra-auriculaire lorsqu’il est question de discrétion, de restitution des sons et de perception tridimensionnelle de la parole ainsi que d’absence d’amplification des bruits parasites, comme celui-du vent. Ces points de satisfaction viennent du positionnement même de l’appareil auditif, dans le conduit : ainsi positionné, ce dernier utilise l’oreille (pavillon et conduit auditif) et permet une amplification et une restitution naturelle des sons amplifiés.

L’appareil auditif intra-auriculaire ne nécessite aucune option supplémentaire :

  • L’utilisation du pavillon de l’oreille permet la localisation des sons dans l’espace ;
  • L’abri que constitue le conduit auditif empêche l’amplification des bruits parasites ;
  • La proximité tympanique permet une restitution sans délai des sons amplifiés et procure un confort d’écoute même dans le cas d’un appareillage unilatéral.

L’appareil auditif intra-conduit est toutefois petit : il est, en conséquence, déconseillé pour les personnes ayant une mauvaise vision ou des problèmes d’arthrite et/ou d’articulation.

L'appareil auditif intra auriculaire : le choix préféré des utilisateurs

  • Sur-mesure ou pré-réglé ? 

Face au rejet massif de l’appareillage auditif sur-mesure par les personnes presbyacousiques, un essai clinique a été réalisé, en 2012 aux États-Unis, essai contrôlé par un test placebo. En comparant l’appareillage auditif sur-mesure vendu avec un service de suivi (prix haut) et l’appareillage auditif pré-réglé vendu sans service de suivi, cet essai avait pour ambition de comparer l’efficacité respective de ces deux schémas de prestation afin de comprendre quel niveau minimal de prestation est nécessaire pour obtenir des résultats de qualité.

Il ressort de cet essai que :

  • L’appareillage auditif sur-mesure et pré-réglé sont aussi efficaces l’un que l’autre chez les personnes presbyacousiques ;
  • 85% des personnes ayant rendu leurs appareils auditifs à la fin de l’essai clinique sont celles ayant payé le prix haut (appareil auditif vendu avec prestation de suivi) ;
  • L’appareillage auditif pré-réglé est une alternative qualitative pour des millions de personnes dans le monde et qu’il peut accroitre considérablement l’accessibilité aux soins pour ces personnes.

Pourquoi l’appareillage pré-réglé est-il adapté à la presbyacousie ? Plusieurs éléments de réponse peuvent être apportés, car l’appareillage pré-réglé répond à des attentes identifiées :

  • Refus d’un parcours de soins long et réglementé, aboutissant à une dépense onéreuse : la vente libre, à prix compétitif de ces appareils, dont la technologie est similaire à celle de prothèses auditives plus coûteuses, est un bon compromis pour permettre aux personnes concernées de faire le premier pas vers l’appareillage auditif ;
  • Rejet de prothèses auditives visibles (contour d’oreille), dont l’esthétisme correspond peu aux attentes de personnes d’une soixantaine d’années ;
  • La perte auditive presbyacousique répondant à une courbe audiométrique typique, le pré-réglage est non seulement possible mais efficace pour ces personnes et permet également de simplifier le dispositif ;
  • La réduction du bruit ambiant, principal problème d’une personne presbyacousique, est souvent plus important sur les appareils pré-réglés que sur des prothèses plus onéreuses.

Il y a fort à parier que, dans les années à venir, les appareils auditifs pré-réglés seront probablement bien plus efficace que le RAC0 pour augmenter le taux d’appareillage des français et permettre un appareillage plus précoce : en effet, la moyenne d’âge des utilisateurs de ce type de prothèses auditives tourne autour de 65 ans, contre plus de 80 ans, en moyenne, chez les audioprothésistes. La démocratisation des technologies et l’ouverture du marché ne donnent plus d’excuses à ceux qui refuseraient toujours de “sauter le pas”.

Appareillage auditif des personnes presbyacousiques : le pré-réglé, une avancée majeure

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